Faut-il snober le snob ?


Le snob aime paraître éclectique . Il ne prend pas grand chose au sérieux. D'ailleurs le snob préfère concentrer toute son intelligence sur des conneries plutôt que de mobiliser toute sa connerie sur des choses intelligentes. Sa patience a des limites... mais il ne faut pas exagérer. Il ne connaît aucune blague belge. Il est extrêmement prétentieux.
Bref, le snob est coupable.
Lundi 24 juillet 2006

propriété(s) intellectuelle(s) de Borghese

 

De l’araméen Oelolpoth, de l’égyptien ***** (1), du grec Oilolpos, du latin macaronicum Hululpus (car plusieurs étymologies valent mieux qu’une).

Pline le Neuf, célèbre auteur grec né à Panopolis au 2ème siècle avant notre ère et mort on ne sait trop pourquoi à Athènes sous Périclès, qualifiait déjà cet oiseau nocturne d’oiseau nocturne.
Ce volatile exceptionnel sort de son nid entre 10 heures 13 et 12 heures 03, heure à laquelle on a, en principe, fini l’apéritif. Le reste du temps il se prélasse comme un gros fainéant.
Ses deux ailes sont très grandes, environ 2 mètres pour l’aile droite et 1 mètre 30 pour l’aile gauche. Leur asymétrie les rend malheureusement inutilisables, voire franchement encombrantes pour un animal de trois kilos (lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens).
Loin de pouvoir s’élever dans les airs comme ses collègues plumitifs plus chanceux, il en est réduit à sautiller de feuille en feuille, au risque de se casser la g…(2).
Sa démarche, lorsqu’elle n’est pas irrémédiablement compromise par des fractures multiples et répétées qui ne se résorbent plus, peut être gracieuse, à condition de le doter de chaussures orthopédiques.
Cet oiseau, peu gâté par ailleurs, se rattrape par son chant mélodieux, qui est souvent confondu avec celui de la chouette, à moins que cela ne soit celui du coucou. Son intelligence est à l’origine du célèbre proverbe « c. comme l’hululpe », à ne pas confondre avec l’expression « rapide comme l’hululpe », expression qui d’ailleurs ne risque pas d’exister.
On évitera soigneusement de le consommer grillé, car sa chair ne supporte pas les fortes chaleurs ni les herbes à barbecue. On le plongera volontiers intégralement dans une sauce finement relevée, tout en prenant garde à ne pas le laisser fondre car « hululpe fondu, hululpe foutu », comme dit sagement l’adage.

 

 

 



(1) Malheureusement intranscriptible. Les rouleaux de papyrus qui mentionnaient cet animal ont été anéantis par une crue du Nil, puis par l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie.


(2) Oh, vraiment marâtre Nature !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par NounouOgg - Publié dans : Bestiarium Tremens
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Lundi 24 juillet 2006

 

(co-pira( ï )te Borghese)


D'après les principaux témoignages, cet animal aquatique possède une tête de poisson, une queue de poisson, des bras de poisson et des mains de poisson ; il semble que nous soyons en présence du rejeton mélancolique d'une salamandre et d'un dauphin.

L'antyssocyahl se situe depuis très longtemps à l'extrémité supérieure de sa chaîne alimentaire. Très raffiné, il répugne à se nourrir de plancton comme tous les autres cétacés (qui ne sont d'ailleurs pas de sa famille) ; et comme la chasse au gibier d'eau l'indispose - cette espèce étant en phase de régression des instincts - il lui arrive parfois, lorsqu'il est affamé, manger sa propre queue qui repousse sans cesse.

Il vit très longtemps, mais ne consacre à la reproduction qu'une infime partie de sa vie (et heureusement, car il a bien mieux à faire, comme compter ses vertèbres par exemple). Si bien que la femelle pond ses oeufs en tas, quelque part, et que le mâle sème un peu partout, confiant au bon vouloir du courant océanique la survie de ses semblables.

Asocial, il reste souvent tout seul au fond de l'eau, comme un c.

 

Par NounouOgg - Publié dans : Bestiarium Tremens
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Lundi 24 juillet 2006

soumis au droit de mi-hauteur

 

Bien qu’il n’ait pas réellement sa place dans un bestiaire, nous ne renoncerons pas à vous entretenir du Zout qui est un hominidé remarquable.


Nous savons par de nombreuses sources qu’il vit dans le bon vieux pays d’Huthopiah et qu’il a la particularité de vivre toujours en couple avec une Zout, sauf quand il part chercher une boîte d’allumettes. Excellent guerrier, il lui arrive à ses heures de composer des poèmes en vers (durs) :

 

 Oh, vous qui passez samovar
 Belle Zout à la blonde poilure,
 Ne me vouez au désespoir
 Pour vous voici des vers (durs).

 Ains chante le preux guerrier :
 « Cœur léger je pars, nul doute
 Car dans mon pourpoint (riez !),
 J’ay ung poil à ma Zout ».
 

 

 

Par NounouOgg - Publié dans : Bestiarium Tremens
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Vendredi 21 juillet 2006

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Ni pluie, ni neige, nigelle, ni grêle...


Une olive cornue, juchée sur un bleuet, lui-même posé sur des branches de fenouil... Cette fleur est digne de figurer dans la flore du disque-monde (un disque juché sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes posés sur une tortue géante) !


Pourtant oui, c'est bien une plante qui pousse ici : la nigelle, de la famille des renonculacées (comme les anémones), originaire de la zone qui s'étend des côtes orientales de la Méditerranée jusqu'en Inde et cultivée depuis au moins l'antiquité.

D'ailleurs, je connaissais bien ces petites graines aromatiques triangulaires et anguleuses, d'un noir intense de la nigelle qui sont couramment utilisées dans la cuisine orientale et indienne, où elles parfument le pain, le riz, les pommes de terre, le poisson...


Étrange tout de même...

Par NounouOgg - Publié dans : Accidents de Jaguar
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Dimanche 9 juillet 2006

Une affiche... qui reflète très bien ce que le film aurait pu être (du moins dans l'esprit de celui qui a fait l'affiche).


Les "Soirées Bis" de la Cinémathèque française présentent deux fois par mois une programmation inhabituelle de nanars ou de films de genre qu'on pourrait très bien oublier... mais non, en fait ça vaut le coup quand même.  Vus hier, deux "films engagés sur la vie des femmes en milieu carcéral".


Le premier film, Martine en prison (le vrai titre c'est : Pénitencier de femmes perverses / prigione di donne de Carlo Maeioti, Italie, 1974), dénonce à la fois l'erreur judiciaire, les affres de la détention préventive, le manque d'humanité à l'égard de celles qui choisissent l'avortement, l'enfermement pour raisons politiques, la cruelle vie des détenues (douches collectives, soupe au rat, mitard...), la censure de l'information, la loi du groupe,  la solitude et l'ennui des prisonnières qui se consolent comme elles peuvent ("N'oubliez pas : dix fruits et légumes frais par jour !"). Contre toutes ces injustices, Martine veut se révolter. Elle souffre avec les autres détenues, mais aussi avec ses geôlières qui subissent à leur tour la mutinerie des prisonnières. La révolte est matée et les meneuses sont envoyées dans une prison isolée ("T'as voulu voir la mer, et on a vu la mer") où les conditions de détention sont encore moins roses. Mais à la fin elle est libre.




Le second film, Blanche-Neige vs Emanuelle (en fait : Révolte au pénitencier de filles / Emanuelle fuga dall'inferno de Bruno Mattei, Italie-France, 1983), décrit avec brio (c'est le petit nom de la caméra) la lutte incessante du bien contre le mal et l'inversion des valeurs en milieu confiné. La déréliction règne ici tant chez les gardiennes que chez les détenues qui avaient plus ou moins accepté l'autorité de Blanche-Neige, protégée des geôlières. L'arrivée d'un Ange sombre, Emanuelle, une journaliste d'investigation emprisonnée à la suite d'un complot, va changer cet équilibre précaire. Face d'Ange cherche immédiatement à prendre la défense de ses co-détenues et en subit presque aussitôt les dures conséquences. L'arrivée inopinée de quatre dangereux criminels qui parviennent à prendre en otage la directrice de la prison, va précipiter le déclin de ce gentil petit monde et libérer les mauvais instincts de chacun, sauf ceux de face d'Ange qui restera fidèle à ses valeurs, luttant pêle-mêle contre la barbarie, le pouvoir de l'argent, la corruption, l'injustice, la souffrance. Et à la fin elle est (presque) libre.


Au royaume des mauvais films sympathiques, ces deux films de genre pourraient aussi se regarder comme d'énièmes et modernes déclinaisons de Justine ou d'une héroïne quelconque de romans libertins, un avatar de la vertueuse infortunée, dont l'emprisonnement  dans des geôles à l'agencement  peu clair, par une justice au fonctionnement flou, sert de prétexte à la succession de scènes lascives ou à caractère explicitement érotique (trop mal ficelées pour avoir le moindre "effet"). La prison remplace le monastère, néanmoins les soeurs sont toujours là.


"Il est cruel sans doute d'avoir à peindre une foule de malheurs accablant la femme douce et sensible qui respecte le mieux la vertu, (...) mais s'il naît cependant un bien de l'esquisse de ces deux tableaux, aura-t-on à se reprocher de les avoir offerts au public ? pourra-t-on former quelque remords d'avoir établi un fait, d'où il résultera pour le sage qui lit avec fruit la leçon si utile de la soumission aux ordres de la providence, une partie du développement de ses plus secrètes énigmes et l'avertissement fatal que c'est souvent pour nous ramener à nos devoirs que le ciel frappe à côté de nous les êtres qui paraissent même avoir le mieux rempli les leurs ?", écrit le Marquis de Sade dans Les Infortunes de la vertu.


On touche bien sûr du doigt la différence profonde existant entre une démonstration philosophique et sa dilution dans la culture populaire, qui s'éloigne considérablement de son objet. Pas sûr que ça ouvre les esprits peu exigeants à la complexité d'une réflexion sur le destin et le sens du devoir, pas sûr non plus que l'esprit des Lumières souffle encore dans les couloirs de ces prisons de femmes...  Et pourtant, quelque chose dans ces réalisations ne semble pas complètement vouloir s'en détacher : la cause féministe, la dénonciation des injustices, s'avèrent être le plus souvent l'argument initial de ces films.


Une question demeure : par quoi ce genre si florissant dans les années 60-70, déclinant dans les années 80, a-t-il donc été remplacé ?

 

Par NounouOgg - Publié dans : Nanars sauvages
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