Faut-il snober le snob ?


Le snob aime paraître éclectique . Il ne prend pas grand chose au sérieux. D'ailleurs le snob préfère concentrer toute son intelligence sur des conneries plutôt que de mobiliser toute sa connerie sur des choses intelligentes. Sa patience a des limites... mais il ne faut pas exagérer. Il ne connaît aucune blague belge. Il est extrêmement prétentieux.
Bref, le snob est coupable.
Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 10:05

 

Under a cherry moon…

 

Hé oui, puisqu’on vous le dit ! Finies les confrontations américano-soviétiques, finis d’ailleurs les soviétiques, finies les petites mesquineries entre services secrets et les menaces de guerre nucléaire (quoique…) !

La société du spectacle reflète déjà ce triste état des choses : depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un feuilleton qui parle d’une « frite qui est amoureuse d’un communiste** » ?

 

La guerre froide est finie, j’ai envie de vous dire : dommage… car on ne pourra bientôt plus lire (ni comprendre) la pléthore de saillies humoristiques que ce thème a inspirées. En effet, qui feront-elles rire désormais ? Les jeunes nés après 1990 sourient à peine quand je leur raconte l’histoire des toilettes sibériennes ou celle du petit train des Soviets…

 

Afin de bâtir un mémorial, je commence par celle-ci :

 

En pleine course à l'espace, l'observatoire de la NASA téléphone au président Reagan : « Mauvaise nouvelle, président, alors que nous nous apprêtions à marcher sur la lune, nous avons constaté que les Soviétiques y étaient déjà. Allumez votre écran nous vous transmettons les images en direct, filmées en super zoom depuis l'orbite lunaire. »

Reagan voit bientôt sur son écran des cosmonautes avec des seaux et des grands pinceaux.
- Mais que font-ils ?
- Ils peignent la lune en rouge, président.

- ...

- Qu'allons-nous faire, président ?

- Rien. Attendez mes instructions.

Une fois leur travail achevé, les soviétiques replient leur matériel et remontent dans leur navette. La lune est entièrement rouge.

Reagan décroche son téléphone et ordonne à la NASA : « Maintenant, pointez-vous sur la lune avec de la peinture blanche. Vous allez écrire en très gros 'Drink Coca-Cola'... »***

 

 

 

 

* a affirmé George W. Bush il y a quelques jours, conforté par Condoleezza Rice qui rendait visite aux Polonais.
** Citation de Renaud, dans « J’ai raté Télé-Foot » sur l’album Le Retour de Gérard Lambert.

*** Si vous avez des réclamations en ce qui concerne le potentiel humoristique de ce texte (mais que vous souscrivez au principe de ce mémorial), citez-en un meilleur.
Par NounouOgg - Publié dans : Crop Circles
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 16:37

La Marseillaise de Jean Renoir  : un film qui vous explique, entre autres, 
comment les Parisiens ont mangé de la tomate pour la première fois.



La Marseillaise
de Jean Renoir, un film de 1937, raconte comment un simple chant devient un hymne en accompagnant la longue marche des soldats fédérés qui traversent la France pour monter à la capitale. Ce film illustre particulièrement bien l’utilité de ce type de chant : unir les troupes mieux que ne le fait un drapeau, car le chant collectif émis lors d’un effort joue un rôle galvanisant.

« On ne gagne la guerre qu’avec des chansons...il faut un chant qui ait l’air de venir des maquis », affirmait l’auteur de la Complainte du Partisan, Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

 

Fort bien, mais comment l’écrire ? Suivez ce petit tutoriel et devenez le fer de lance de la lutte qui s’engage.

 

 

 

Permière étape : le message

 

Il est primordial de choisir le moment du chant :

C’est un chant de célébration ? Evoquez un grand moment de lutte de l’histoire récente qui resservira pour la fois prochaine.

C’est un chant d’action ? Soutenez les acteurs de la lutte par un chant énergique qui prend aux tripes.

Le chant peut aussi annoncer un combat à venir :

 

Mais notre règne arrivera

Quand votre règne finira. (bis)

Nous tisserons

Le linceul du vieux monde,

Car on entend déjà la révolte qui gronde

 

(Les Canuts, Aristide Bruant, 1894)

 

N’hésitez pas à varier les registres – guerrier, bucolique, mélancolique –, parfois la seule évocation d’un âge d’or au paysage champêtre possède une puissance suggestive supérieure à tout le lexique de la bataille.

 

Que tu as la maison douce

Giroflée Girofla

L'herbe y croît, les fleurs y poussent

Le printemps est là.

Dans la nuit qui devient rousse

Giroflée Girofla

L'avion la brûlera.

 

Que tu as de beaux champs d'orge

Giroflée Girofla

Ton grenier de fruits regorge

L'abondance est là.

Entends-tu souffler la forge

Giroflée Girofla

L' canon les fauchera.

 

(...)

 

(Giroflée, girofla, Chanson écrite par Rosa HOLT en 1935.)

 

 

Passé, présent, futur, l’emploi des temps est très éloquent. Le combattant du chant patriotique a derrière lui le passé – époque révolue de l’ennemi –, s’inscrit dans le présent – le temps de l’action –, mais regarde vers le futur radieux de la prospérité retrouvée.

Ne négligez pas d’exhorter car l’emploi de l’impératif l’est, assurément : Allons ! Marchons ! Levez-vous ! mais aussi  Debout ! Dehors !  toussa, toussa…

 

Choisissez vos mots-clef en connaissance de cause. Les noms abstraits (liberté, gloire, mort, justice), les adverbes (comme demain, toujours, partout) sont particulièrement indiqués pour un chant de lutte : n’hésitez pas à les employer jusqu’à la nausée.

N’oubliez pas non plus que, dans la mesure du possible, votre chant doit convoiter l’universalité : étendez donc votre enthousiasme à la terre entière, au monde, à l’univers !

 

Si vous êtes poètes, pourquoi ne pas essayer de trouver une image saisissante, « qu’un sang impur abreuve nos sillons », « du passé faisons table rase », une formule qui fera date ? Songez par exemple que les métaphores agricoles ont le don de parler au paysan qui est en nous.

 

 

Conseil : privilégier la simplicité. Tout le monde doit pouvoir se reconnaître dans ce chant vibrant de courage et y puiser des forces. Evitez aussi les messages trop précis, le slogan doit être rassembleur, ne prenez pas le risque de voir déserter vos rangs pour des querelles de chapelles.

 



 

Le message doit être clair 




Deuxième étape : choisir son ennemi

 

Le monde du chant de lutte est assez binaire. Il y a les autres (le mal) et nous (le bien). Il y a toujours un ennemi sournois qu’il faut éradiquer. A lui l’injustice, l’opprobre et la cruauté ; au bon soldat – parfois improvisé – de défendre la vertu et la liberté.

Il est donc important de se choisir un ennemi.

A l’occasion d’une occupation ou d’une guerre civile, le choix est simple, il y a eux et nous (et réciproquement) :

 

« Julien Dragoul...Bon il a p'têt fait quelques p'tites concessions...

Ça fait pas d'mal ma foi

De marcher au pas d'l'oie

Pas comme ces abrutis

Qui s'planquent dans le maquis !

Mais il s'est engagé pour une France libre… dès 1946 !

Dehors les boches!

Dehors, les boches! »

(Les Inconnus, Chansons d’antan, 1990)


Si un mouvement social est en cours, prenez le train en marche ou même courez derrière, composez pour l’occasion des vers immortels. Publiez-les quatorze ans plus tard, ils se teinteront alors d’un air menaçant de très bon augure :

 

Tout ça n’empêche pas Nicolas

Qu’ la Commune n’est pas morte.

Tout ça n’empêche pas Nicolas

Qu’ la Commune n’est pas morte !

 

(Eugène Pottier, Elle n’est pas morte, 1885)

 

En temps de paix, c’est plus difficile. Quoique… mettre en route une bonne lutte sociale par un chant peut constituer un défi intéressant.

 

On peut également écrire un chant longtemps après coup, l’avantage étant que l’ennemi d’hier n’existe plus, mais que l’ennemi d’aujourd’hui n’en est pas moins visé indirectement.  Pour être plus clairs, prenons l’exemple des Canuts (tisserands) révoltés à Lyon en 1831, qui font l’objet d’un chant de révolte de cabaret écrit en 1894 par Aristide Bruant :

 

Pour chanter Veni Creator

Il faut une chasuble d'or

Pour chanter Veni Creator

Il faut une chasuble d'or

Nous en tissons pour vous, grands de l'église

Et nous, pauvres canuts, n'avons pas de chemise (…)

 

 

Si vous n’avez pas trouvé d’ennemi, ce n’est pas grave : combattez l’injustice, la misère… ça fera l’affaire.

 

Nous menons une guerre, camarades,

une guerre contre la misère et la nécessité.

 

(Internationalen Arbeiterhilfe, Chant de lutte de l’Aide Ouvrière Internationale, 1922).

 

Conseil : éviter de nommer directement son ennemi, au contraire, le qualifier le plus obscurément possible (le chant pourrait resservir). A toute mention trop concrète – « les Allemands », « les Bolcheviques », «les royalistes » – qui pourrait donner quelque dignité à l’adversaire, préférer les pronoms « ils » « eux » ou les anaphores infidèles (et dégradantes) « ces lâches » « ces traîtres », « ces fourbes », ou alors les désigner par une couleur : « les blancs », « les rouges ».



 



 

 

Rouget de Lisle composant la Marseillaise - par Auguste Pinelli 1875-1880 (Musée historique de la Révolution française, Vizille)
« Sur Internet, il a un blog où on t’explique comment faire un tube patriotique, c'est par là !
Tu devrais y jeter un œil, parce que je vois que tu peines sur ta feuille… »

 

Troisième étape : composer

 

Les vers doivent être courts pour être facilement retenus par les esprits. Nous vous conseillons les octosyllabes, au rythme appuyé mais vif. Les vers plus courts sont envisageables mais leurs possibilités argumentatives sont limitées (oui, encore plus limitées).

 

Oh ! oh!

A bas la République

Gai ! gai !

Vive la Royauté (bis)

Oh ! oh !

 

(Huchement des Chouans du Marais vendéen, 1815)

 

Il existe quelques moyens éprouvés pour faire entrer durablement votre chant dans les bulbes :

- Inventer un gimmick très simple, du genre « oh, oh ! » ou « Ah, ça ira ».

- Régler la cadence du chant sur le pas des troupes et, si possible, alterner les mouvements entre mode majeur et mode mineur.

 

Introduisez une connivence, tenez compte des besoins des combattants, n’allez pas requérir leur sang de manière trop abrupte :

 

 (...)

J'entends une canonnade :

Vite, allons à l'ennemi !

Mais avant, une rasade

A la santé de Précy !

(...)


(Chant des fantassins lyonnais, 1793)

 

Placer les mots-clefs aux endroits stratégiques du vers, en premier lieu à la rime, et ne négligez pas l’accent mineur, au milieu du vers, qui peut faire son petit effet.

 

Allons enfants de la patrie

Le jour de gloire est arrivé !

 

NB : Le futur de l’indicatif offre l’avantage de fournir des rimes fortes et pratiques en cas de panne d’inspiration.

 

Défend-on une cause, une idée, une idéologie : y a-t-il un leader ? Ne pas hésiter à citer son nom, à la rime c’est encore plus majestueux.

 

Par le froid et la famine

Dans les villes et dans les champs

A l'appel du grand Lénine*

Se levaient les partisans.

 

*qu’on fait rimer avec famine, ce qui est historiquement assez juste…

 

(Les partisans, chant de l’Armée rouge, T. Aturov / S. Alimov)

 

 

Conseil : attention à l’intelligibilité de vos couplets, le syndrome du « soldat Séféro*» peut nuire à un chant patriotique de la meilleure eau.

 

*entendez vous, dans nos campagnes, mugir Séféro, ce soldat ?  

 


Pour ceux qui ont la flemme, deux possibilités :

 

[Remarquons toutefois qu’une certaine adynamie constatée lors l’écriture d’un chant de ralliement n’est pas annonciatrice d’efficacité dans la lutte future… enfin parfois c’est mieux comme ça.]

 

1 - Réécrire un hymne déjà existant (un pastiche sinon rien) en accommodant les textes à sa propre sauce.

 

La Marseillaise des Blancs (1793)

 

Allons armée catholique

Le jour de gloire est arrivé

Contre nous de la République

L'étendard sanglant est levé (bis)

Otendez vés dans quiés campagnes

Les cris impurs des scélérats?

Gle venans jusque dans vos bras

Prendre vos feilles et vos femmes.

 

Aux armes Poitevins!

formez vos bataillons

Marchez, marchez, le sang des Bleus

rogira vos sellions !

 

(…)

 

Vous trouverez des exemples à pasticher en suivant ces liens :

 
chants révolutionnaires ; chants communistes ; chants royalistes ; chants de lutte ; chants militaires

 


2 – Faire usage du Patriotron (pour générer un chant de combat d’un seul clic).

 

 

Par NounouOgg - Publié dans : Activités de vacances
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 20:26




Av 127

"toute ma jeunesse,
Comme un essaim d'oiseaux (...)",
Musset, "Souvenir"




Lautréamont a fait de Musset, le « Gandin-Sans-Chemise-Intellectuelle », l’un des objets privilégiés de son entreprise de démystification esthétique. Il déplore que la fréquentation assidue de ce poète à « l’intelligence de deuxième ordre » soit imposée aux  collégiens, causant d’irrémédiables dommages intellectuels sur les « jeunes poètes dont la lèvre est humectée du lait maternel ».



Année après année, toute la scolarité de ces malheureux est accompagnée par la présence délétère du poète :




« (…) la première chose que font les professeurs de quatrième, quand ils apprennent à faire des vers latins à leurs élèves, (…) c'est de leur dévoiler par la pratique le nom d'Alfred de Musset. Je vous demande un peu, beaucoup ! »

 

«  Les professeurs de troisième, donc, donnent, dans leurs classes à traduire, en vers grecs, deux sanglants épisodes. Le premier, c'est la repoussante comparaison du pélican. Le deuxième, sera l'épouvantable catastrophe arrivée à un laboureur (…) »

 

« Un élève m'a raconté que son professeur de seconde avait donné à sa classe, jour par jour, ces deux charognes à traduire en vers hébreux. Ces plaies de la nature animale et humaine le rendirent malade pendant un mois, qu'il passa à l'infirmerie. ».

 




Un scandale ! Quel acharnement !!!




Les ravages que peuvent causer ces vers sont infâmes !! Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les jeunes esprits se voient troublés par des rêves de persistance :

 


« [un élève] croyait voir une armée de pélicans qui s'abattaient sur sa poitrine, et la lui déchiraient. Ils s'envolaient ensuite vers une chaumière en flammes. Ils mangeaient la femme du laboureur et ses enfants. Le corps noirci de brûlures, le laboureur sortait de la maison, engageait avec les pélicans un combat atroce. Le tout se précipitait dans la chaumière, qui retombait en éboulements. De la masse soulevée des décombres - cela ne ratait jamais - il voyait sortir son professeur de seconde, tenant d'une main son cœur, de l'autre une feuille de papier où l'on déchiffrait, en traits de soufre, la comparaison du pélican et celle du laboureur, telles que Musset lui-même les a composées. »

 

Lautréamont, Poésies, I.




Je cite pour mémoire les deux poèmes incriminés :


(...)

Lorsque le laboureur, regagnant sa chaumière,         

Trouve le soir son champ rasé par le tonnerre, 

Il croit d’abord qu’un rêve a fasciné ses yeux, 

Et, doutant de lui-même, interroge les cieux. 

Partout la nuit est sombre, et la terre enflammée. 

Il cherche autour de lui la place accoutumée         

Où sa femme l’attend sur le seuil entr’ouvert; 

Il voit un peu de cendre au milieu d’un désert. 

Ses enfants demi-nus sortent de la bruyère, 

Et viennent lui conter comme leur pauvre mère 

Est morte sous le chaume avec des cris affreux;         

Mais maintenant au loin tout est silencieux. 

Le misérable écoute et comprend sa ruine. 

Il serre, désolé, ses fils sur sa poitrine; 

Il ne lui reste plus, s’il ne tend pas la main, 

Que la faim pour ce soir et la mort pour demain.         

Pas un sanglot ne sort de sa gorge oppressée; 

Muet et chancelant, sans force et sans pensée, 

Il s’assoit à l’écart,les yeux sur l’horizon, 

Et regardant s’enfuir sa moisson consumée, 

Dans les noirs tourbillons de l’épaisse fumée         

L’ivresse du malheur emporte sa raison.

 

(...)

 

Musset, Lettre à Lamartine

 

 

 

 

(…)

Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,

Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,

Ses petits affamés courent sur le rivage

En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.

Déjà, croyant saisir et partager leur proie,

Ils courent à leur père avec des cris de joie

En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.

Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,

De son aile pendante abritant sa couvée,

Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.

Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;

En vain il a des mers fouillé la profondeur;

L'océan était vide et la plage déserte;

Pour toute nourriture il apporte son cœur.

Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,

Partageant à ses fils ses entrailles de père,

Dans son amour sublime il berce sa douleur;

Et, regardant couler sa sanglante mamelle,

Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,

Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.

Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,

Fatigué de mourir dans un trop long supplice,

Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;

Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,

Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,

Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,

Que les oiseaux des mers désertent le rivage,

Et que le voyageur attardé sur la plage,

Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

(…)

 

 

Musset, Nuit de mai

Par NounouOgg - Publié dans : Petits détails comme ça...
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Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /Juin /2008 10:20


Dernière blague moscovite : c'est l'histoire de trois Russes...


Vous qui croyiez que l’eurovision de la chanson était une manifestation culturelle, qui croyiez qu’il s’agissait d’un concours où l’on devait élire la moins imbuvable des prestations musicales : dessillez vos yeux !

Ce concours n'en est pas un. C'est une grande opération annuelle de conciliation des nations européennes avec leurs voisins.

Le principe est simple : regarder les votes chaque année, permet de mesurer l'évolution des relations internationales.

 

Par exemple, le bilan de cette année a confirmé la volonté de rapprochement entre la Russie et les anciens pays de l'URSS, notamment dans la Transcaucasie. On note de nouveau des avancées diplomatiques tournées vers l'Ukraine, qui manifestement intéresse tout le monde. Nous pouvons en outre nous réjouir de la réconciliation affirmée entre les pays de l'ex-Yougoslavie et l'Albanie. Mais nous déplorons l'effondrement, décidément habituel, de la popularité de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni. (Libre à vous d’analyser le reste des votes.) 




Ils n’étaient pas trop de trois pour nous faire tutoyer le sublime


La participation russe à ce grand rendez-vous de géostratégie soft a porté ses fruits puisque cette année, la Russie gagne le droit d'organiser la prochaine manifestation d'amitié entre les peuples. Tout avait été mis en place pour que l’on comprenne bien les enjeux de ce spectacle.

 

Observez le décor et ses flammes bleues de gaz domestique (bon sang ! cela peut-t-il avoir un rapport avec le fait que la Russie soit le plus important fournisseur de gaz naturel de l'Europe ?).



Méthane, butane, propane ?

Regardez à présent la deuxième partie du numéro : les choses se confirment (pas rire). Sur un espace scénique qui se réduit à un cercle blanc, trois individus tâchent d’évoluer harmonieusement sans se bousculer.

Les Russes, qui n’ont pas fini d’en glousser, ont même créé un gif animé, qui résume la chorégraphie façon South Park/Ours Micha.


 "Les Trois ours" à l'eurovision (Chichkine, accroche-toi*)

Cette chorégraphie rotative se veut apparemment un concentré de ce qui fait l’essence de la Russie.
Si l’âme slave est à coup sûr symbolisée par le violoniste exalté (ici un Hongrois, Edvin Marton : il n’y a pas à dire, le sang hunnique n’a pas son pareil), cet élégant danseur qui sait se jouer de la pesanteur représente semble-t-il la grâce de l’inspiration, à moins qu’il ne célèbre la maîtrise de l’atome (au passage, vous aurez reconnu dans l'électron libre le patineur Evgeni Plushenko). Quant au chanteur, avec son anglais irréprochable, il incarne probablement l’élan vers la modernité (un 
karaoké a d’ailleurs été réalisé pour aider les Russes à comprendre ce que chante Dima Bilan).


Avouez, il ne manquait plus que Vova Poutine en kimono et Sharapova agitant artistiquement sa raquette pour compléter le tableau, comme le suggèrent des internautes consternés sur les forums russes...






* Les Trois ours dont le vrai titre est Un matin dans une forêt de pins, 1886, est un tableau d’Ivan Chichkine, un peintre du mouvement des Ambulants (réalisme russe de la fin du 19 ème) et aussi un conte de Tolstoï.

Par NounouOgg - Publié dans : Crop Circles
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 10:48


Oui, je viens dans son temple adorer la Banane...
 

Un jour sur une île à l’étranger, à un moment de la journée où il fait si chaud qu’on tâche de dormir (si on peut) ou alors on se fait ch…, je posais un œil morne sur l’écran de la télé. J'eus ainsi l'occasion de tomber sur une émission télévangéliste américaine.

 

Un présentateur vêtu comme un pasteur demandait à un homme et une femme, choisis au hasard dans le public, de fabriquer une banane (!) à partir des ingrédients chimiques et organiques que le fruit était censé contenir.

Les deux cobayes mélangent tant bien que mal le tout : en gros ils obtiennent une immonde bouillie jaunâtre, qu'ils tentent ensuite d'introduire dans un boyau pour reconstituer la banane...

 

 

Suspense...

 

 

- Vous n'y arrivez pas ? demande le présentateur.

- ben, heu... non.

 

 

- Eh bien c'est NORMAL !!!! Car seul Dieu peut faire une banane !!!!!

 

 

*musique héroïque*

 

PS : J’ai bien entendu demandé le baptême sur le champ. Trop forts ces télévangélistes !

Par NounouOgg - Publié dans : Crop Circles
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