Sur le Parnasse est Apollon, Apollinaire à l’Hélicon…
L’écriture poétique permet de sublimer de douloureux sentiments dans un lyrisme à la portée universelle, c’est pourquoi la Poésie peut devenir une consolation dans l’affliction. Prenons l’exemple d’Apollinaire qui, pour n’aimer pas avoir les pieds dans l’eau, n’hésite pas à convoquer Verlaine…
Réclame pour la maison « Walk over »
Air connu (1)
Il flotte dans mes bottes
Comme il pleut sur la ville
Au diable cette flotte
Qui pénètre mes bottes !
O vain tout parapluie
Fût-il grand comme un toit,
Pour de mauvais ribouis,
O le vain parapluie
Je n’eus pas la raison
D’aller à « Walk over »
Là, point de trahison !...
Je n’eus point de raison !...
C’est bien la pire empeigne
Qu’on vend hors de chez toi
« Walk over », noble enseigne,
Mes pieds ont tant de peine !
(1) Vous aurez reconnu sans peine les fameux vers de Paul Verlaine (1844-1896), publiés dans Romances sans paroles :
Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville ; / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie / Par terre et sur les toits ! / Pour un coeur qui s'ennuie, / Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison / Dans ce coeur qui s'écoeure. / Quoi ! nulle trahison ?... / Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine / De ne savoir pourquoi / Sans amour et sans haine / Mon coeur a tant de peine !