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(Cette brave grouse n'a rien à voir avec ce qui suit)

 

" Le nanar est au cinéphile ce que le cassoulet en boîte est au gourmet : comme ça, ça ne semble pas attirant, mais parfois, il est jouissif de s'en baffrer à pleines mains (quoique extrêmement régressif). "

FatFreddy sur EcranLarge.com
 


Dans la classification cinématographique, le nanar diffère en général du simple navet (ennuyeux) ou de la pure grouse* (énervante) par un aspect fondamental : il est fait avec le plus extrême sérieux et la plus grande sincérité.

Il semble très difficile de donner une définition exhaustive de cette catégorie de films. On dit souvent que le nanar est une affaire de goût et que les nanars des uns ne sont pas ceux des autres. Mais finalement, est-elle si subjective, cette définition ?


Quand on réfléchit à ce qui peut bien différencier le nanar de la vilaine grouse, on en vient rapidement à supposer que le nanar par excellence, le « nanar abouti », sait décoller de la simple trame narrative événementielle (dans laquelle la grouse s’englue) pour accéder, malgré d’évidents défauts techniques et artistiques, à (côté d’) une dimension plus profonde. 


Il semble s’adresser au domaine caché de nos esprits pétris de cartésianisme et de cynisme contemporain : notre inconscient archaïque. D’où notre hilarité teintée de sympathie devant tant de ringardise.

En effet, le nanar présente des thèmes universels (ou presque), des schémas mythologiques plongeant le plus souvent dans les racines indo-européennes (cinéma occidental oblige), voire pré indo-européennes, c’est peut-être ce qui confère au nanar son charme naïf inexplicable et fascinant.

Le nanar grand choix ne s’élève pas au niveau cathartique des tragédies de Sophocle, bien sûr...

Mais, d’une manière vulgarisée, affaiblie, abâtardie, aplatie, il sait aussi atteindre les sphères de notre inconscient collectif (ou au moins le vestibule des sphères ?). C’est du moins l’hypothèse de travail que je me propose de développer en prenant pour exemple l’indétrônable nanar de Jean-Marie Pallardy, White Fire, aka Vivre pour Survivre, réalisé en 1985.

 

* Grouse = contraction de "grosse bouse".

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Tag(s) : #Nanars sauvages
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