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Faut-il snober le snob ?


Le snob aime paraître éclectique . Il ne prend pas grand chose au sérieux. D'ailleurs le snob préfère concentrer toute son intelligence sur des conneries plutôt que de mobiliser toute sa connerie sur des choses intelligentes. Sa patience a des limites... mais il ne faut pas exagérer. Il ne connaît aucune blague belge. Il est extrêmement prétentieux.
Bref, le snob est coupable.
1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 10:10

 

Chateaubriand, une grande plume.

 

 

Dans la série « De grands auteurs lisent et poignardent de non moins grandes œuvres »,  Alfred de Musset a résumé pour nous les imposants volumes des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand et donne sa propre lecture de l’épopée du grand René : les Mémoires d’outre-cuidance (1).

 

 

MÉMOIRES D’OUTRE-CUIDANCE

 

Monsieur,

Mon nom n’est pas celui d’un simple bachelier. Je me nomme M. Pigeon ; vous n’êtes pas sans connaître ma queue et mes ailes.

En ma qualité d’ancien voltigeur, j’ai composé des mémoires poétiques renfermant l’histoire du passé avec le compte rendu de l’avenir et renfermés dans vingt-deux tabatières à musique de fer-blanc massif, dont la clef est à vendre.

Personne ne m’en offre un prix convenable. Personne cependant ne les a lus. Est-ce justice ? Je vous le demande.

J’en veux quarante-cinq francs, comme Odry de sa marchandise. Si on me répondait comme à lui : « Je vous en donne neuf sous », peut-être répliquerais-je comme lui : « Allons ! prenez-le ! »

Mais non, on me jette au nez partout ce mot cruel de M.Bertin : « Voyez le peu de succès des Mémoires de Chateaubriand ! » et on mêle à cela le non moins cruel fiasco posthume de Benjamin Constant qui, étant mort, se trouve né Revoil.

Est-ce juste ? Je vous en fais juge. J’ai fait en secret, dans un bocage désert, lecture de quelques fragments à tous mes amis, au nombre de trois et demi, à voix basse et sur leur parole de se taire ; rien n’a transpiré. Il y avait un gendarme à la porte.

Oserais-je vous supplier d’intercaler quelques uns de ces fragments dans votre gazette, comme disait le roi Louis-Philippe, et de tirer mon incognito à cent mille exemplaires. Vous m’obligeriez.

Voyez vous-même, du reste, rien que d’après le titre (assez heureux je pense) que j’ai choisi : Mémoires d’Outre-Cuidance, quel effet produirait mon livre, et feuilletez mes échantillons :

 

CHAPITRE PREMIER

 

Je suis le premier homme du monde ; Napoléon est un crétin.

 

CHAPITRE SECOND

 

Je suis né au village d’Asnières, au premier au-dessous de l’entresol ; comprenez-vous ? Je ne dis rien que d’exact, mais d’une façon toujours mythologique ou allégorique ou cacique. Napoléon est un paltoquet.

 

CHAPITRE TROISIEME

 

Dans ma jeunesse, j’ai fait sur les révolutions un livre révolutionnaire ; on ne saurait m’en faire un reproche, car je suis resté fidèle à mes rois. Napoléon a étranglé Pichegru.

 

CHAPITRE IV

 

J’occupais une modeste place. On me l’a ôtée, malhonnêtement. Saisi d’une juste colère, j’ai envoyé ma démission. Napoléon a empoisonné, en les touchant, les malades de Jaffa.

 

CHAPITRE V

 

Me sentant incompris de ce faux grand homme, je vais en Amérique, j’en rapporte mon célèbre roman de Caricaca ; Christophe Colomb est oublié ! Napoléon tire la savate, à Fontainebleau, avec le pape.

 

CHAPITRE VI

 

Je fais visite à deux heures onze minutes à la marquise douairière de Pretintaille. Désastre de la Bérésina. Je lance ma brochure ; Napoléon succombe.

 – Mais, me direz-vous peut-être, monsieur, que vient faire là Napoléon ? et vous ajouterez peut-être comme Henri Monnier : « Voulez-vous parler de Dozainville ? parlons de Dozainville, mais sachons de quoi nous parlons. »

C’est me faire tort monsieur, que de m’apostropher ainsi. Je suis le plus grand poète, non pas de mon temps, fi donc ! mais de tous les temps. Je parle de Dozainville, si je veux, ou je n’en parle pas, si je ne veux pas. Il me plaît de parler de Napoléon. Il est advenu, pour son malheur, que ce drôle fût mon contemporain. Il a entravé ma carrière.

 – Je l’ignorais, me direz-vous encore.

 – C’est pour cela, monsieur, que je vous apprends l’histoire. Oui, monsieur, il a entravé, et même vexé ma boursouflure. Sur le plus beau discours que j’aie écrit de ma vie, il a fait de sa main une grande raie en travers, et il a dit que, si je le prononçais, il me mettrait dans un cul de basse-fosse. J’y suis maintenant, en effet, puisque, pour le calomnier, je me réfugie dans ma tombe. Là, du moins, je dis ce qui me plaît ; on me respectera, je suis mort ; il est vrai que ce drôle l’est aussi, mais quelle différence !

Je continue, et comme je vois que, pareil à Blondel, vous vous intéressez à ma personne, je vais entrer dans les détails les plus minutieux, les plus variés, les plus touchants des beaux jours de ma belle jeunesse. Ecoutez bien.

 

CHAPITRE VII

 

Napoléon affectait à Sainte-Hélène de porter l’habit vert dont il s’était revêtu pour poser devant Isabey. La dépouille du buffle qui couvrait ses cuisses (vulgairement culotte de peau), faisait des plis mesquins. Cependant le climat était sain et Sir Hudson Lowe se portait à merveille. Le grand Roi Louis le dix-huitième rétablissait l’empire des Lis avec des guêtres de velours rouge, ornées d’un filet d’or. Quand il était assis, sa canne entre les jambes, il ressemblait à Louis XIV âgé de cinquante ans. Comparez et jugez.

 

CHAPITRE VIII

 

Prosterné devant ces guêtres immortelles, j’obtins un bureau de tabac. Après tant de souffrances, cela m’était bien dû ; car, j’avais volé aux pieds du roi, c’était, je le dis franchement, de crainte qu’il ne fît quelque bêtise ; mais je ne pus parer le danger. Napoléon passait son temps à pleurer après s’être laissé arracher son épée.

 

CHAPITRE IX

 

On me dit que Napoléon souffre. Tu sais, ami lecteur, que je l’ai détesté toute ma vie ; maintenant allons le voir mourir. Je ne le quitterai plus qu’à sa mort.

 

 

(1) La satire n'est parue dans la Minerve française que le premier décembre 1919.

 


NB (a) : Nous apporterons dans quelques jours quelques précisions concernant certaines allusions du texte de Musset qui sont obscures parce qu’elles concernent l’actualité de l’époque.

NB (b) : malgré les apparences, il n’est pas facile de trouver une image de pigeon qui ait l’air spirituel.

21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 12:59

 

Sur le Parnasse est Apollon, Apollinaire à l’Hélicon…

 

 

       L’écriture poétique permet de sublimer de douloureux sentiments dans un lyrisme à la portée universelle, c’est pourquoi la Poésie peut devenir une consolation dans l’affliction. Prenons l’exemple d’Apollinaire qui, pour n’aimer pas avoir les pieds dans l’eau, n’hésite pas à convoquer Verlaine…

 


 

Réclame pour la maison « Walk over »

 

Air connu (1)

 

Il flotte dans mes bottes

Comme il pleut sur la ville

Au diable cette flotte

Qui pénètre mes bottes !

 

O vain tout parapluie

Fût-il grand comme un toit,

Pour de mauvais ribouis,

O le vain parapluie

 

Je n’eus pas la raison

D’aller à « Walk over »

Là, point de trahison !...

Je n’eus point de raison !...

 

C’est bien la pire empeigne

Qu’on vend hors de chez toi

« Walk over », noble enseigne,

Mes pieds ont tant de peine !

 


 

(1) Vous aurez reconnu sans peine les fameux vers de Paul Verlaine (1844-1896), publiés dans Romances sans paroles :

 

Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville ; / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie / Par terre et sur les toits ! / Pour un coeur qui s'ennuie, / Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison / Dans ce coeur qui s'écoeure. / Quoi ! nulle trahison ?... / Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine / De ne savoir pourquoi / Sans amour et sans haine / Mon coeur a tant de peine !

 

11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 13:22


 

René Char :  « Un jour, pendant la guerre, on m’a demandé de trouver sur le plateau de Valensole un terrain nu où des avions alliés en difficulté pourraient se poser. Je trouve un grand champ convenable, mais un magnifique noyer vieux de trois siècles s’élevait au milieu.

 

Le propriétaire acceptait de louer le champ, mais refusait obstinément d’abattre le bel arbre. Je finis par lui dire pourquoi il nous fallait ce terrain ; il accepte alors.

 

On commence à dégager la base de l’arbre ; on suit la racine majeure, très longue et épaisse, sur une dizaine de mètres.

 

À l’extrémité de la racine, nous trouvons les ossements d’un guerrier du Moyen Age – (mieux vaut penser à une sépulture gauloise du troisième ou du deuxième siècle avant notre ère) – et il avait une noix dans la poche lorsqu’il a été tué, car l’extrémité de la racine maîtresse arrivait exactement à la hauteur de son fémur. La noix avait poussé dans la tombe. »

 




 

Anecdote rapportée par Paul Veyne dans René Char en ses poèmes, chapitre « la pyramide des martyrs obsède la terre », Paris, Gallimard, 1990.


26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 00:58

François Boucher, les Présents du berger ou le Nid, vers 1740 (donc bien plus tard que l'Astrée), Paris, musée du Louvre. 

Les aristocrates rêvaient-ils de moutons idylliques ?

 

 

Le premier roman français, beaucoup le connaissent, mais bien peu le lisent (en entier)… un grand roman… un long roman devrait-on dire, qui raconte les aventures et les amours d'Astrée et de Céladon. L’Astrée, œuvre de plus de 5000 pages, fut écrite au début du 17ème siècle par Honoré d’Urfé, un soldat qui ne lâchait son épée que pour écrire son (prolixe) roman pastoral. 

 



 

Théophile Gautier, heureusement, nous permet d’en retirer l’indispensable, en quelques lignes* :

 

« Nous sommes dans le Forez… sur les bords doucereux du Lignon, cette galante rivière qui roule des flots de petit lait ; c’est un charmant pays que celui-là, et que je regrette fort pour ma part.

Les arbres y ont des feuillages en chenille de soie vert pomme ; les herbes y sont en émail, et les fleurs en porcelaine de la Chine ; du milieu des buissons bien peignés, de grandes roses, grosses comme des choux, vous sourient amicalement de leurs lèvres purpurines, et vous laissent lire leurs innocentes pensées au fond de leur cœur écarlate.

Des nuages en ouate bien cardée flottent moelleusement sur le taffetas bleu du ciel ; des petits ruisseaux, faits de larmes des amants, se promènent, avec un gazouillis élégiaque, sur un fond de poudre d’or ; de jeunes zéphyrs agitent doucement leurs ailes en guise d’éventails, et répandent en l’air une fraîcheur délicieuse ; les échos y sont fort ingénieux et les mieux appris du monde ; ils ont toujours à répondre quelque assonance réjouissante aux stances qu’on leur adresse, et ne manquent jamais de répliquer à l’amant qui leur demande si sa maîtresse est sensible aux tourments qu’il endure – dure.

Car dans ce pays fabuleux, la rime naturelle de maîtresse est tigresse. – D’adorables petits agneaux crêpés et poudrés, avec un ruban rose et une clochette d’argent au cou, bondissent en cadence et exécutent le menuet au son des musettes et des pipeaux.

Les bergers ont des souliers à talons hauts, ornés de rosettes prodigieuses, un tonnelet avec des passequilles, et des rubans partout ; les bergères étalent sur le gazon une jupe de satin relevée de nœuds et de guirlandes.

Quant aux loups, ils se tiennent discrètement à l’écart et ne font guère paraître le bout de leur museau noir hors de la coulisse que pour donner à Céladon l’occasion de sauver la divine Astrée.

Cette heureuse région est située entre le royaume de Tendre et le pays de Cocagne, et depuis bien longtemps l'on a oublié le chemin qui y conduit. – C’est dommage ! j’aurais bien voulu l’aller voir
. »

 


Un certain Jean-Jacques s’y risqua…


« A propos des bergers du Lignon, j'ai fait une fois le voyage de Forez tout exprès pour voir le pays de Céladon et d'Astrée, dont d'Urfé nous a fait de si charmants tableaux : au lieu de bergers amoureux, je ne vis sur les bords du Lignon que des maréchaux, des forgerons et des taillandiers. Ce n'est qu'un pays de forges, et mon voyage m'enleva toute illusion » (Jean-Jacques Rousseau).

 

* citées par Gérard Genette, Figures I, « Le serpent dans la bergerie », 1966.


NB : Cet ouvrage ne fut pas peu important pour donner à l’Europe entière, après les barbaries des guerres de Religion, de nouvelles mœurs courtoises. Sa publication commença au début du 17èmesiècle et connut immédiatement un succès retentissant. Et même un demi-siècle plus tard, Madame de Sévigné, La Fontaine, témoignaient encore de l’importance que ce roman avait eue dans leurs vies.
 Chacun lisait et commentait l’Astrée, jusqu’aux nobles engagés dans la Fronde qui s’identifiaient aux personnages du roman. Les Cours allemandes, dans lesquelles les princes, leurs femmes, leurs filles apprenaient le français, virent se former une « Académie des vrais amants » où seule la galanterie de l'Astrée régnait. Les nobles enrubannés y jouaient à la bergère Aminthe, à la nymphe Galatée ou au berger Céladon.

Les siècles suivants pourtant, n’ont pas conservé exactement l’intérêt enjoué que cette œuvre avait jusqu’ici suscité. Quoique...

Théophile Gautier, dans Le Capitaine Fracasse, écrivait :
« Restée seule, Isabelle ouvrit un volume de L'Astrée, par le sieur Honoré d'Urfé, qui traînait oublié sur une console. Elle essaya d'attacher sa pensée à cette lecture. Mais ses yeux seuls suivaient machinalement les lignes. L'esprit s'envolait loin des pages, et ne s'associait pas un instant à ces bergerades déjà surannées. D'ennui, elle jeta le volume et se croisa les bras dans l'attente des événements. »


28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 11:15


Ce qui suit n'a rien à voir avec la chanson du hérisson.  Il s’agit plutôt du film d’animation, réalisé en 1975 à partir
de l’histoire originale de Sergueï Lvovich Kozlov et des illustrations de Francesca Yarbousova, tellement réussi dans son esthétique, sa construction et sa narration qu’il demeure encore aujourd’hui une référence incontournable* : Le Hérisson dans le brouillard de Iouri Norstein. Si vous ne l’avez encore jamais vu, il est toujours temps.


Cliquez en bas à gauche de l'image
pour voir l'animation en plein écran.


Un petit hérisson (en russe « yozhik ») a pour habitude de traverser la forêt pour retrouver son ami l’ourson, de boire avec lui du thé, manger des confitures,  regarder ensuite les étoiles et les compter ensemble.

Ce jour là, la forêt est inhabituellement inondée de brume. Le hérisson hésite, mais il est curieux de savoir comment est le brouillard, là-bas à l’intérieur.

La forêt embrumée s’est changée en un univers inconnu et onirique, où les éléments les plus communs prennent des aspects fantastiques : une feuille de chêne, un escargot, un chêne, un cheval…  Le hérisson mi-effrayé mi-fasciné poursuit son chemin dans la brume et la musique de Méerovitch escorte ses découvertes à la perfection.

 

 

* Il a été élu meilleur film d’animation de tous les temps à Tokyo en 2003.

 

 

Hérisson dans le brouillard (Le)

ЁЖИК В ТУМAНЕ (Yozhik v tumane) / Hedgehog in the Fog

Film d'animation, U.R.S.S., 1975, de Youri Norstein, en couleur, sonore.

Réalisation : Youri Norstein

Musique : Mikhail Méerovitch

Production : Soyouz Multfilm, U.R.S.S., 1975

Durée : 10 minutes.

Version originale : russe

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 10:05

 

Under a cherry moon…

 

Hé oui, puisqu’on vous le dit ! Finies les confrontations américano-soviétiques, finis d’ailleurs les soviétiques, finies les petites mesquineries entre services secrets et les menaces de guerre nucléaire (quoique…) !

La société du spectacle reflète déjà ce triste état des choses : depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un feuilleton qui parle d’une « frite qui est amoureuse d’un communiste** » ?

 

La guerre froide est finie, j’ai envie de vous dire : dommage… car on ne pourra bientôt plus lire (ni comprendre) la pléthore de blagues que ce thème a inspirées (oui, parfaitement, ceci est une question sérieuse). En effet, qui feront-elles rire désormais ? Les jeunes nés après 1990 sourient à peine quand je leur raconte l’histoire des toilettes sibériennes ou celle du petit train des Soviets…

 

Il me semble urgent de bâtir un mémorial avant leur complète disparition, et je commence par celle-ci :

 

En pleine course à l'espace, l'observatoire de la NASA téléphone au président Reagan : « Mauvaise nouvelle, président, alors que nous nous apprêtions à marcher sur la lune, nous avons constaté que les Soviétiques y étaient déjà. Allumez votre écran nous vous transmettons les images en direct, filmées en super zoom depuis l'orbite lunaire. »

Reagan voit bientôt sur son écran des cosmonautes avec des seaux et des grands pinceaux.
- Mais que font-ils ?
- Ils peignent la lune en rouge, président.

- ...

- Qu'allons-nous faire, président ?

- Rien. Attendez mes instructions.

Une fois leur travail achevé, les soviétiques replient leur matériel et remontent dans leur navette. La lune est entièrement rouge.

Reagan décroche son téléphone et ordonne à la NASA : « Maintenant, pointez-vous sur la lune avec de la peinture blanche. Vous allez écrire en très gros 'Drink Coca-Cola'... »***

 

 

 

 

* a affirmé George W. Bush il y a quelques jours, conforté par Condoleezza Rice qui rendait visite aux Polonais.
** Citation de Renaud, dans « J’ai raté Télé-Foot » sur l’album Le Retour de Gérard Lambert.

*** Si vous avez des réclamations en ce qui concerne le potentiel humoristique de ce texte (mais que vous souscrivez au principe de ce mémorial), citez-en un meilleur.

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 16:37

La Marseillaise de Jean Renoir  : un film qui vous explique, entre autres, 
comment les Parisiens ont mangé de la tomate pour la première fois.



Comment un simple chant devient-il un hymne national ? La Marseillaise de Jean Renoir, un film de 1937, nous l'explique en accompagnant la longue marche des soldats fédérés de Marseille qui montent à la capitale en répandant le "Chant de l'armée du Rhin" (plus tard nommé "Marseillaise"). Ce film illustre particulièrement bien l’utilité de ce type de chant : unir les troupes mieux que ne le fait un drapeau, car le chant collectif émis lors d’un effort joue un rôle galvanisant.

« On ne gagne la guerre qu’avec des chansons...il faut un chant qui ait l’air de venir des maquis », affirmait l’auteur de la Complainte du Partisan, Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

 

Fort bien, mais comment l’écrire ? Suivez ce petit tutoriel et devenez le fer de la lutte qui s’engagera.

 

 

 

Permière étape : le message

 

Il est primordial de choisir le moment du chant :

C’est un chant de célébration ? Evoquez un grand moment de lutte de l’histoire récente qui resservira pour la fois prochaine.

C’est un chant d’action ? Soutenez les acteurs de la lutte par un chant énergique qui prend aux tripes.

Le chant peut aussi annoncer un combat à venir :

 

Mais notre règne arrivera

Quand votre règne finira. (bis)

Nous tisserons

Le linceul du vieux monde,

Car on entend déjà la révolte qui gronde

 

(Les Canuts, Aristide Bruant, 1894)

 

N’hésitez pas à varier les registres – guerrier, bucolique, mélancolique –, ainsi la seule évocation d’un âge d’or au paysage champêtre recèle une puissance suggestive supérieure à tout le lexique de la bataille.

 

Que tu as la maison douce

Giroflée Girofla

L'herbe y croît, les fleurs y poussent

Le printemps est là.

Dans la nuit qui devient rousse

Giroflée Girofla

L'avion la brûlera.

 

Que tu as de beaux champs d'orge

Giroflée Girofla

Ton grenier de fruits regorge

L'abondance est là.

Entends-tu souffler la forge

Giroflée Girofla

L' canon les fauchera.

 

(...)

 

(Giroflée, girofla, Chanson écrite par Rosa HOLT en 1935.)

 

 

Passé, présent, futur, l’emploi des temps est très éloquent. Le combattant du chant patriotique a derrière lui le passé – époque révolue de l’ennemi –, s’inscrit dans le présent – le temps de l’action –, mais regarde vers le futur radieux de la prospérité retrouvée.

Ne négligez pas d’exhorter car l’emploi de l’impératif l’est, assurément : Allons ! Marchons ! Levez-vous ! mais aussi  Debout ! Dehors !  toussa, toussa…

 

Choisissez vos mots-clef en connaissance de cause. Les noms abstraits (liberté, gloire, mort, justice), les adverbes (comme demain, toujours, partout) sont particulièrement indiqués pour un chant de lutte : n’hésitez pas à les employer jusqu’à la nausée.

N’oubliez pas non plus que, dans la mesure du possible, votre chant doit convoiter l’universalité : étendez donc votre enthousiasme à la terre entière, au monde, à l’univers !

 

Si vous êtes poètes, pourquoi ne pas essayer de trouver une image saisissante, « qu’un sang impur abreuve nos sillons », « du passé faisons table rase », une formule qui fera date ? Songez par exemple que les métaphores agricoles ont le don de parler au paysan qui est en nous.

 

 

Conseil : privilégier la simplicité. Tout le monde doit pouvoir se reconnaître dans ce chant vibrant de courage et y puiser des forces. Evitez aussi les messages trop précis, le slogan doit être rassembleur, ne prenez pas le risque de voir déserter vos rangs pour des querelles de chapelles.

 



 

Le message doit être clair 




Deuxième étape : choisir son ennemi

 

Le monde du chant de lutte est assez binaire. Il y a les autres (le mal) et nous (le bien). Il y a toujours un ennemi sournois qu’il faut éradiquer. A lui l’injustice, l’opprobre et la cruauté ; au bon soldat – parfois improvisé – de défendre la vertu et la liberté.

Il est donc important de se choisir un ennemi.

A l’occasion d’une occupation ou d’une guerre civile, le choix est simple, il y a eux et nous (et réciproquement) :

 

« Julien Dragoul...Bon il a p'têt fait quelques p'tites concessions...

Ça fait pas d'mal ma foi

De marcher au pas d'l'oie

Pas comme ces abrutis

Qui s'planquent dans le maquis !

Mais il s'est engagé pour une France libre… dès 1946 !

Dehors les boches!

Dehors, les boches! »

(Les Inconnus, Chansons d’antan, 1990)


Si un mouvement social est en cours, prenez le train en marche ou même courez derrière, composez pour l’occasion des vers immortels. Publiez-les quatorze ans plus tard, ils se teinteront alors d’un air menaçant de très bon augure :

 

Tout ça n’empêche pas Nicolas

Qu’ la Commune n’est pas morte.

Tout ça n’empêche pas Nicolas

Qu’ la Commune n’est pas morte !

 

(Eugène Pottier, Elle n’est pas morte, 1885)

 

En temps de paix, c’est plus difficile. Quoique… mettre en route une bonne lutte sociale par un chant peut constituer un défi intéressant.

 

On peut également écrire un chant longtemps après coup, l’avantage étant que l’ennemi d’hier n’existe plus, mais que l’ennemi d’aujourd’hui n’en est pas moins visé indirectement.  Pour être plus clairs, prenons l’exemple des Canuts (tisserands) révoltés à Lyon en 1831, qui font l’objet d’un chant de révolte de cabaret écrit en 1894 par Aristide Bruant :

 

Pour chanter Veni Creator

Il faut une chasuble d'or

Pour chanter Veni Creator

Il faut une chasuble d'or

Nous en tissons pour vous, grands de l'église

Et nous, pauvres canuts, n'avons pas de chemise (…)

 

 

Si vous n’avez pas trouvé d’ennemi, ce n’est pas grave : combattez l’injustice, la misère… ça fera l’affaire.

 

Nous menons une guerre, camarades,

une guerre contre la misère et la nécessité.

 

(Internationalen Arbeiterhilfe, Chant de lutte de l’Aide Ouvrière Internationale, 1922).

 

Conseil : éviter de nommer directement son ennemi, au contraire, le qualifier le plus obscurément possible (le chant pourrait resservir). A toute mention trop concrète – « les Allemands », « les Bolcheviques », «les royalistes » – qui pourrait donner quelque dignité à l’adversaire, préférer les pronoms « ils » « eux » ou les anaphores infidèles (et dégradantes) « ces lâches » « ces traîtres », « ces fourbes », ou alors les désigner par une couleur : « les blancs », « les rouges ».



 



 

 

Rouget de Lisle composant la Marseillaise - par Auguste Pinelli 1875-1880 (Musée historique de la Révolution française, Vizille)
« Sur Internet, il a un blog où on t’explique comment faire un tube patriotique, c'est par là !
Tu devrais y jeter un œil, parce que je vois que tu peines sur ta feuille… »

 

Troisième étape : composer

 

Les vers doivent être courts pour être facilement retenus par les esprits. Nous vous conseillons les octosyllabes, au rythme appuyé mais vif. Les vers plus courts sont envisageables mais leurs possibilités argumentatives sont limitées (oui, encore plus limitées).

 

Oh ! oh!

A bas la République

Gai ! gai !

Vive la Royauté (bis)

Oh ! oh !

 

(Huchement des Chouans du Marais vendéen, 1815)

 

Il existe quelques moyens éprouvés pour faire entrer durablement votre chant dans les bulbes :

- Inventer un gimmick très simple, du genre « oh, oh ! » ou « Ah, ça ira ».

- Régler la cadence du chant sur le pas des troupes et, si possible, alterner les mouvements entre mode majeur et mode mineur.

 

Introduisez une connivence, tenez compte des besoins des combattants, n’allez pas requérir leur sang de manière trop abrupte :

 

 (...)

J'entends une canonnade :

Vite, allons à l'ennemi !

Mais avant, une rasade

A la santé de Précy !

(...)


(Chant des fantassins lyonnais, 1793)

 

Placer les mots-clefs aux endroits stratégiques du vers, en premier lieu à la rime, et ne négligez pas l’accent mineur, au milieu du vers, qui peut faire son petit effet.

 

Allons enfants de la patrie

Le jour de gloire est arrivé !

 

NB : Le futur de l’indicatif offre l’avantage de fournir des rimes fortes et pratiques en cas de panne d’inspiration.

 

Défend-on une cause, une idée, une idéologie : y a-t-il un leader ? Ne pas hésiter à citer son nom, à la rime c’est encore plus majestueux.

 

Par le froid et la famine

Dans les villes et dans les champs

A l'appel du grand Lénine*

Se levaient les partisans.

 

*qu’on fait rimer avec famine, ce qui est historiquement assez juste…

 

(Les partisans, chant de l’Armée rouge, T. Aturov / S. Alimov)

 

 

Conseil : attention à l’intelligibilité de vos couplets, le syndrome du « soldat Séféro*» peut nuire à un chant patriotique de la meilleure eau.

 

*entendez vous, dans nos campagnes, mugir Séféro, ce soldat ?  

 


Pour ceux qui ont la flemme, deux possibilités :

 

[Remarquons toutefois qu’une certaine adynamie constatée lors l’écriture d’un chant de ralliement n’est pas annonciatrice d’efficacité dans la lutte future… enfin parfois c’est mieux comme ça.]

 

1 - Réécrire un hymne déjà existant (un pastiche sinon rien) en accommodant les textes à sa propre sauce.

 

La Marseillaise des Blancs (1793)

 

Allons armée catholique

Le jour de gloire est arrivé

Contre nous de la République

L'étendard sanglant est levé (bis)

Otendez vés dans quiés campagnes

Les cris impurs des scélérats?

Gle venans jusque dans vos bras

Prendre vos feilles et vos femmes.

 

Aux armes Poitevins!

formez vos bataillons

Marchez, marchez, le sang des Bleus

rogira vos sellions !

 

(…)

 

Vous trouverez des exemples à pasticher en suivant ces liens :

 
chants révolutionnaires ; chants communistes ; chants royalistes ; chants de lutte ; chants militaires

 


2 – Faire usage du Patriotron (pour générer un chant de combat d’un seul clic).

 

 

18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 20:26




Av 127

"toute ma jeunesse,
Comme un essaim d'oiseaux (...)",
Musset, "Souvenir"




Lautréamont a fait de Musset, le « Gandin-Sans-Chemise-Intellectuelle », l’un des objets privilégiés de son entreprise de démystification esthétique. Il déplore que la fréquentation assidue de ce poète à « l’intelligence de deuxième ordre » soit imposée aux  collégiens, causant d’irrémédiables dommages intellectuels sur les « jeunes poètes dont la lèvre est humectée du lait maternel ».



Année après année, toute la scolarité de ces malheureux est accompagnée par la présence délétère du poète :




« (…) la première chose que font les professeurs de quatrième, quand ils apprennent à faire des vers latins à leurs élèves, (…) c'est de leur dévoiler par la pratique le nom d'Alfred de Musset. Je vous demande un peu, beaucoup ! »

 

«  Les professeurs de troisième, donc, donnent, dans leurs classes à traduire, en vers grecs, deux sanglants épisodes. Le premier, c'est la repoussante comparaison du pélican. Le deuxième, sera l'épouvantable catastrophe arrivée à un laboureur (…) »

 

« Un élève m'a raconté que son professeur de seconde avait donné à sa classe, jour par jour, ces deux charognes à traduire en vers hébreux. Ces plaies de la nature animale et humaine le rendirent malade pendant un mois, qu'il passa à l'infirmerie. ».

 




Un scandale ! Quel acharnement !!!




Les ravages que peuvent causer ces vers sont infâmes !! Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les jeunes esprits se voient troublés par des rêves de persistance :

 


« [un élève] croyait voir une armée de pélicans qui s'abattaient sur sa poitrine, et la lui déchiraient. Ils s'envolaient ensuite vers une chaumière en flammes. Ils mangeaient la femme du laboureur et ses enfants. Le corps noirci de brûlures, le laboureur sortait de la maison, engageait avec les pélicans un combat atroce. Le tout se précipitait dans la chaumière, qui retombait en éboulements. De la masse soulevée des décombres - cela ne ratait jamais - il voyait sortir son professeur de seconde, tenant d'une main son cœur, de l'autre une feuille de papier où l'on déchiffrait, en traits de soufre, la comparaison du pélican et celle du laboureur, telles que Musset lui-même les a composées. »

 

Lautréamont, Poésies, I.




Je cite pour mémoire les deux poèmes incriminés :


(...)

Lorsque le laboureur, regagnant sa chaumière,         

Trouve le soir son champ rasé par le tonnerre, 

Il croit d’abord qu’un rêve a fasciné ses yeux, 

Et, doutant de lui-même, interroge les cieux. 

Partout la nuit est sombre, et la terre enflammée. 

Il cherche autour de lui la place accoutumée         

Où sa femme l’attend sur le seuil entr’ouvert; 

Il voit un peu de cendre au milieu d’un désert. 

Ses enfants demi-nus sortent de la bruyère, 

Et viennent lui conter comme leur pauvre mère 

Est morte sous le chaume avec des cris affreux;         

Mais maintenant au loin tout est silencieux. 

Le misérable écoute et comprend sa ruine. 

Il serre, désolé, ses fils sur sa poitrine; 

Il ne lui reste plus, s’il ne tend pas la main, 

Que la faim pour ce soir et la mort pour demain.         

Pas un sanglot ne sort de sa gorge oppressée; 

Muet et chancelant, sans force et sans pensée, 

Il s’assoit à l’écart,les yeux sur l’horizon, 

Et regardant s’enfuir sa moisson consumée, 

Dans les noirs tourbillons de l’épaisse fumée         

L’ivresse du malheur emporte sa raison.

 

(...)

 

Musset, Lettre à Lamartine

 

 

 

 

(…)

Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,

Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,

Ses petits affamés courent sur le rivage

En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.

Déjà, croyant saisir et partager leur proie,

Ils courent à leur père avec des cris de joie

En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.

Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,

De son aile pendante abritant sa couvée,

Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.

Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;

En vain il a des mers fouillé la profondeur;

L'océan était vide et la plage déserte;

Pour toute nourriture il apporte son cœur.

Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,

Partageant à ses fils ses entrailles de père,

Dans son amour sublime il berce sa douleur;

Et, regardant couler sa sanglante mamelle,

Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,

Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.

Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,

Fatigué de mourir dans un trop long supplice,

Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;

Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,

Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,

Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,

Que les oiseaux des mers désertent le rivage,

Et que le voyageur attardé sur la plage,

Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

(…)

 

 

Musset, Nuit de mai

6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 10:20



Dernière blague moscovite : c'est l'histoire de trois Russes...


Vous qui croyiez que l’eurovision de la chanson était une manifestation culturelle, qui croyiez qu’il s’agissait d’un concours où l’on devait élire la moins imbuvable des prestations musicales : dessillez vos yeux !

Ce concours n'en est pas un. C'est une grande opération annuelle de conciliation des nations européennes avec leurs voisins.

Le principe est simple : regarder les votes chaque année, permet de mesurer l'évolution des relations internationales.

 

Par exemple, le bilan de cette année a confirmé la volonté de rapprochement entre la Russie et les anciens pays de l'URSS, notamment dans la Transcaucasie. On note de nouveau des avancées diplomatiques tournées vers l'Ukraine, qui manifestement intéresse tout le monde. Nous pouvons en outre nous réjouir de la réconciliation affirmée entre les pays de l'ex-Yougoslavie et l'Albanie. Mais nous déplorons l'effondrement, décidément habituel, de la popularité de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni. (Libre à vous d’analyser le reste des votes.) 




Ils n’étaient pas trop de trois pour nous faire tutoyer le sublime


La participation russe à ce grand rendez-vous de géostratégie soft a porté ses fruits puisque cette année, la Russie gagne le droit d'organiser la prochaine manifestation d'amitié entre les peuples. Tout avait été mis en place pour que l’on comprenne bien les enjeux de ce spectacle.

 

Observez le décor et ses flammes bleues de gaz domestique (bon sang ! cela peut-t-il avoir un rapport avec le fait que la Russie soit le plus important fournisseur de gaz naturel de l'Europe ?).


 

Méthane, butane, propane ?

Regardez à présent la deuxième partie du numéro : les choses se confirment (sans rire). Sur un espace scénique qui se réduit à un cercle blanc, trois individus tâchent d’évoluer harmonieusement sans se bousculer.

Les Russes, qui n’ont pas fini d’en glousser, ont même créé un gif animé, qui résume la chorégraphie façon South Park/Ours Micha.


 "Les Trois ours" à l'eurovision (ne pleure pas, Chichkine*)


Cette chorégraphie rotative se veut apparemment un concentré de ce qui fait l’essence de la Russie.
Si l’âme slave est à coup sûr symbolisée par le violoniste exalté (ici un Hongrois, Edvin Marton : il n’y a pas à dire, le sang hunnique n’a pas son pareil), cet élégant danseur qui sait se jouer de la pesanteur représente semble-t-il la grâce de l’inspiration, à moins qu’il ne célèbre la maîtrise de l’atome (au passage, vous aurez reconnu dans l'électron libre le patineur Evgeni Plushenko). Quant au chanteur, avec son anglais irréprochable, il incarne probablement l’élan vers la modernité (un 
karaoké a d’ailleurs été réalisé pour aider les Russes à comprendre ce que chante Dima Bilan).


Comme le suggèrent des internautes consternés sur les forums russes, il ne manquait plus que Vova Poutine en kimono et Sharapova agitant artistiquement sa raquette pour compléter le tableau.






* Les Trois ours dont le vrai titre est Un matin dans une forêt de pins, 1886, est un tableau d’Ivan Chichkine, un peintre du mouvement des Ambulants (réalisme russe de la fin du 19 ème) et aussi un conte de Tolstoï.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 10:48


Athalie (au régime) : "Oui, je viens dans son temple adorer la Banane..."
 

Un jour sur une île à l’étranger, à un moment de la journée où il fait si chaud qu’on tâche de dormir (si on peut) ou alors on se fait ch…, je posais un œil morne sur l’écran de la télé. J'eus ainsi l'occasion de tomber sur une émission télévangéliste américaine.

 

Un présentateur vêtu comme un pasteur demandait à un homme et une femme, choisis au hasard dans le public, de fabriquer une banane (!) à partir des ingrédients chimiques et organiques que le fruit était censé contenir.

Les deux cobayes mélangent tant bien que mal le tout : en gros ils obtiennent une immonde bouillie jaunâtre, qu'ils tentent ensuite d'introduire dans un boyau pour reconstituer la banane...

 

 

Suspense...

 

 

- Vous n'y arrivez pas ? demande le présentateur.

- ben, heu... non.

 

 

- Eh bien c'est NORMAL !!!! Car seul Dieu peut faire une banane !!!!!

 

 

*musique héroïque*

 

PS : J’ai bien entendu demandé le baptême sur le champ. Trop forts ces télévangélistes !

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